05 septembre 2007
Carnet de voyage : J6
Jour 6 - 04 Août 2007

Dès le matin, on attaque la montée du col situé juste derrière le bivouac, derrière lequel on découvre au loin « le village du bout du monde » : Amenzal. Ce dernier est vraiment loin de tout, car pour se procurer un pain de sucre par exemple, les villageois doivent remonter jusqu'à Setti Fatma ! Nous traversons Amenzal, où des villageois sont en train de dresser quatre mules en même temps sur un petit terrain et nous poursuivons le long de la rivière et des canaux d'irrigation.

Lors d'une pause, assis entre d'immenses rochers, notre guide taquine des fillettes berbères qui étaient venues nous demander des stylos. Il leur fait écrire leur nom. Près du lieu de déjeuner, il y a de nombreuses vasques cachées derrière les gros rochers. A peine venais-je d'arriver que les autres m'ont indiqué une fumée provenant d'un endroit où je fis un "petit arrêt "... consciencieuse jusqu'au bout, je n'avais malheureusement pas pris la précaution de jeter une pierre sur le PQ que je venais de brûler...et le buisson d'à côté à pris feu !!! Heureusement, le feu ne s'est pas étendu au-delà ! Ouf sueurs froides ;D))°°°°

Le départ se fait rapidement après la sieste car nous devons faire l'ascension du Tizi N'Oumchichki, un col fait uniquement de rocaille, sans charme. Une longue descente nous attend alors . Pas pressées après cet effort, nous prenons notre temps, et avec toutes celles qui se trouvaient en bout de file, nous avons la chance d'être conviées avec El Houssain à prendre le thé chez un habitant de la montagne.

Dans la maison, constituée d'une pièce unique de 5 mètres carrés tout au plus, il y avait un vieillard ainsi que la femme et l'enfant de l'habitant, qui s'était blessé à la jambe en marchant. Nous nous sommes assises sur le tapis, sur une bouteille de gaz...comme nous avons pu et nous sommes donc retrouvés à neuf en tout dans cet espace restreint. Quoi que l'on puisse penser, cela n'a absolument pas posé de problème à notre hôte, son sens de l'hospitalité étant plus développé que les contraintes matérielles. Ce qui m'a permis de constater que ce sont parfois ceux qui possèdent le moins qui donnent le plus.
04 septembre 2007
Carnet de voyage : J5
Jour 5- 03 Août 2007
C'est la journée « les pieds dans l'eau », car nous traversons la rivière de part en part, en remontant les gorges de l'Assif N'Oufra. C'est un paysage rafraîchissant, fait d'herbes hautes, d'eau et de cailloux parfois assemblés en digue. La principale difficulté de cette étape a été de ne pas glisser sur les cailloux recouverts d'algues dans l'eau : dans cette situation, se servir d'un bâton est plus handicapant qu'autre chose...


Au détour d'un canyon, nous croisons des singes venus manger les premières noix tombées des arbres. Ils sont nombreux, et difficiles à distinguer car ils ont la même couleur que les roches : on les remarque seulement lorsqu'ils bougent. On arrive à apercevoir des petits, mais nous ne nous attardons pas. Juste le temps de prendre quelques clichés. En effet, il paraît qu'ils peuvent devenir agressifs en lançant des pierres pour protéger leurs petits. Les muletiers ont emprunté un autre chemin que nous avec les mules.

Vers midi, nous nous arrêtons dans un très joli cadre, à côté de vasques naturelles et de petites cascades pour pique-niquer. A peine le temps de poser les orteils dans l'eau et l'on déjeune. Menu simple : du pain, des vache-qui-rit, des tomates, des sardines... Mais c'est à ce moment que l'orage menace et nous devons repartir rapidement.


El Houssain nous explique que les fortes pluies d'orage sont très dangereuses lorsque l'on se trouve dans les gorges d'une rivière, car le niveau d'eau montre très rapidement et l'on est si facilement emporté par le courant... Il paraît que de nombreuses personnes se sont noyées de cette façon. Nous finissons donc cette étape un peu paniqués, tentant de marcher à une cadence rapide, en prenant la pluie (mais bon, nous avions déjà les pieds trempés / avec la pluie et la terre, les chaussures sont donc devenues boueuses à l'intérieur, quel plaisir !), sous les impers, pressés d'arriver au point, situé en hauteur, qui nous mettra à l'abri du danger.
Quelques-uns ramassent du bois avec l'idée de faire un feu de camp durant la soirée. Nous arrivons alors sur le lieu de bivouac, pile poil au bord de deux falaises : gare à ceux qui feront des sorties pipi dans la nuit ! Nous montons rapidement nos tentes, puis certains vont se baigner dans les eaux en contrebas de la falaise... et font alors connaissance avec les sangsues !

Après la pluie, les muletiers ont l'idée de nous préparer le meilleur des réconforts : un café berbère (soit : du lait,de la canelle, du gingembre, du poivre, du café...mmmhhh) et de délicieux beignets triangulaires croustillants faits à partir de pâte à pain. Excellent...qu'est ce qu'on est gâtés ! On aperçoit un arc-en-ciel.

L'endroit était idéal pour s'amuser à faire des échos. Ca n'a pas loupé, on a crié comme des malades ! La nuit tombée, on allume le feu de bois, et pour les muletiers se mettent à chanter et danser.

02 septembre 2007
Carnet de voyage : J4
Jour 4 - 02 Août 2007
Descente de l'Ourika en passant par de petits villages : Anfli, Tiourdiou, Tadrart, jusqu'à Agadir n'Aït Boulmane.


L'étape s'effectue suivant la piste, sous une forte chaleur. Nous arrivons au bivouac situé en contrebas, dans un parking, sous les arbres.

Il y a un petit torrent d'eau tout proche pour se rafraîchir les pieds.

L'après-midi, au programme : baignade dans des vasques remplies de l'eau de la rivière et lessive pour tous, sauf pour ceux qui ont choisi de visiter Setti Fatma.
01 septembre 2007
Carnet de voyage : J3
Jour 3 - 01 Août 2007
C'est l'ascension de notre tout premier col, le Tizi N'Tacheddirt, culminant à 3264m. C'est notre premier "3000m". Curieusement, de loin, le col paraît "plat", je dis bien de loin !!!

De bonne heure, nous entreprenons la montée. La difficulté se fait vite sentir de mon côté, les autres étant pour la plupart bien loin devant ! El Houssain propose même qu'un muletier porte mon sac jusqu'en haut, mais je refuse, car j'avais plus de mal à respirer qu'une gêne de par le poids du sac. En plus, les poignées du sac me servaient d'appui. N'en pouvant quand même plus, sur la fin de la montée, j'ai sorti pour la première fois l'un des deux bâtons de rando que je transportais. Il fut très utile, et d'ailleurs, il ne m'a plus quittée de tout le trek.

Angélique, épuisée aussi, et moi terminons l'ascension ensemble, peut-être dernières, mais fières d'arriver en haut.

Un petit réconfort inattendu arrive alors... Non, ce n'est pas le vent froid qui glace et oblige à mettre la polaire, mais une bouteille de Coca, apportée par un berger, qui a monté le col pour attendre les randonneurs comme nous !!! N'importe où dans le trek, on pouvait se croire perdus et au beau milieu de nulle part, il y avait parfois une personne qui était montée bien au devant de nous et qui attendait pour nous fournir cette bouteille providentielle...

Puis descente sur la vallée de l'Ourika, petit sentier agréable, jalonné de genévriers et de roches rougeâtres en orgue.

Un point de vue nous montre le lieu de notre bivouac, dans la vallée, près de la rivière asséchée dont le lit est fait de grosses pierres. La tente berbère est installée dans un des jardins des villageois de Timichi (1900m) : idéal sous les noyers et l'herbe venait juste d'être coupée.

Nous faisons notre toilette un peu plus bas dans la rivière. Le soir, les muletiers chantent accompagnés de leurs instruments de fortune : bidons, casseroles, assiettes et théière ! Nous participons et dansons avec eux. Des jeunes filles berbères des villages aux alentours, attirées par la musique et les chants, sont venues regarder et écouter.

30 août 2007
Carnet de voyage : J2
Jour 2 - 31 Juillet 2007
Nous avons traversé plusieurs villages berbères : Amssakou, Ikis, Tamegguist et Tacheddirt. Ce ne fut que de la montée, et je n'ai pas pu prendre de photos sur la route, parce que j'étais toujours essoufflée. Il faut que le corps s'habitue à l'effort sous la chaleur...moi, je n'ai pas trop profité ce jour là. Heureusement, Lutin s'est chargé des photos.

Chaque village est annoncé par son minaret. On le devine de loin puis on s'en rapproche petit à petit. Les maisons des villages berbères sont typiques : elles ont toutes un toit plat, sur lequel on voit de temps à autre un enfant jouer. Elles sont construites en terre ou en pierre, c'est selon.

Les enfants nous disent facilement "bonjour" et "fani" (phonétiquement; ça voulait dire "bonbon") ou "stylo". Nous essayons de discuter avec un garçon d'environ 10 ans qui essaie de nous suivre sur notre route mais ce n'est pas facile, il y a la barrière de la langue.
En sortant d'un village, notre guide El Houssain nous montre un cimetière et nous explique le rituel entourant un décès chez les berbères. Il est assez précis, le mort doit d'abord être lavé par l'imam, avant d'être enterré le jour même enveloppé d'un linceul, dans une tombe spécialement creusée à sa taille. Il n'y a pas de pierre tombale, mais les villageois font pousser des chardons pour éloigner les animaux.
Sur la route, nous rencontrons un petit enfant qui a une blessure à la tête. Autour de la blessure, ses cheveux ont été rasés, mais la plaie menaçait de s'infecter sans soin. Heureusement, notre groupe était composé de quatre jeunes filles aux compétences médicales, dont Angélique (future médecin urgentiste ^^). Conséquence appréciable : les trousses à pharmacie étaient remplies de médicaments, Nous n'avons pas eu à nous inquiéter d'en manquer, chose très utile sur l'instant et également pour la suite du trek !! Bref, inutile de le dire, mais je le dis quand même : l'enfant a été bien soigné.
Nous avons déjeuné dans le jardin d'un gîte, à l'ombre des noyers. La cuisine, fait rare, a été faite dans une cuisine ! Après la sieste, nous sommes repartis en direction du Tizi N'Tacheddirt, le col prévu pour le lendemain matin.


Nous avons quitté la piste reliant les villages et le paysage a changé, il n'a plus été aussi vert. Il est devenu plus aride, plus sauvage. De la montée, au milieu de rochers et de petits buissons verts jusqu'au lieu du bivouac du soir.

Nous nous arrêtons pour la nuit au pied du col, près d'une la rivière qui fait un petit torrent, et d'un énorme rocher derrière lequel a été montée la tente berbère. Le coin est très joli. Cela fait du bien de voir de l'eau courante après l'eau stagnante de la grotte de la veille. Nous sommes impatients de nous "doucher" après avoir tant sué !

Hop, on enfile tant bien que mal un maillot, direction l'eau : mais elle est gelée... On fait avec. Petite lessive pour tout le monde et le thé à la menthe est servi. Les muletiers chantent ce soir là, accompagnés de leurs instruments de fortune : casseroles, jerricans, théière !

24 août 2007
Carnet de voyage : J0 et J1
Jour 0 - 29 juillet 2007
Dans l'aéroport d'Orly, nous avons rendez-vous dans un espace au sous-sol pour retirer nos billets d'avion. Il n'y a presque personne quand nous arrivons. Nous nous installons puis nous voyons arriver quelques personnes. Des jeunes, donc apparemment pour l'UCPA, puisque c'est le seul guichet installé.
Nous nous disons qu'elles sont là pour le même trek et les dévisageons un peu. Il y a beaucoup de filles, et je me dis que je ne serai pas la seule du groupe, ça rassure... Mais de plus en plus de monde arrive et cela dépasse les 15 personnes, ça atteint même plutôt les 35-40 ! Surpris, nous imaginons avec raison que nous ne partirons pas tous pour le Toubkal.
Voilà, le guichet ouvre, "Est-ce qu'il y a quelqu'un pour l'UCPA ?" lance le monsieur. Ben oui, évidemment, tout le monde se précipite ! Il nous donne nos billets : le voyage se fera en charter Royal Air Maroc. Il nous fait aussi remplir une fiche pour savoir qui contacter en cas de problème "pas pour un simple rhume" dit-il avec humour (ha ha, je m'imagine avec une bonne entorse...), et voir si on a pris une assurance. Lutin se renseigne pour savoir s'il peut prendre sa grosse paire de jumelles (pour observer les oiseaux) en bagage à main. Puis on part s'acheter deux sandwichs et une boisson pour le repas, car nous ne pensons pas manger à bord.
Après 2h45 de vol en B737-800, assis sans le savoir à côté de 4 personnes qui se connaissaient et qui allaient faire le Toubkal avec nous, arrivée à Marrakech. Le commandant annonce une température de 40°C au sol alors qu'il fait nuit (il est 23 h et quelques) : morts de rire, on range la polaire ! L'aéroport est en phase d'extension, il y a des travaux. Après une longue file d'attente dans l'aéroport pour la vérification des passeports, nous longeons les couloirs à la recherche de la pancarte "UCPA". Nous l'apercevons, et apparemment nous sommes les derniers attendus. Premier contact avec notre guide, le sympathique El Houssain, surnommé tout aussi sympathiquement "J'hallucine" pour la consonance, puis transfert en minibus.
On fait le tour des remparts de la ville pour atteindre l'hôtel. Autour de Marrakech, peu de voitures, marocains et marocaines ont l'air de se déplacer beaucoup en moto. Les taxis sont peints en beige. Le sol et les bâtiments sont la plupart de couleur rose-orangée. Par rapport à Madagascar, les routes sont bien faites, éclairées, avec une signalisation, bordées de palmiers. Installation au Ryad Mogador, un hôtel assez "standing", avec de grands salons, une chute d'eau, des colonnes décorées de mosaïques, et des portraits de berbères dessinés dans les chambres. Il est gratifié de 3 étoiles, à proximité de la gare routière. RDV est pris avec le groupe "Inch'Allah" pour le lendemain 10h.
Il est tard, au moins 2h du matin lorsque nous nous couchons. Il fait chaud et heureusement, l'hôtel est climatisé. Durant la nuit, nous entendons les sifflets qui appellent les voyageurs de la gare routière. Et au petit matin, lorsque le soleil se lève, la prière depuis la Koutoubia.
Jour 1 - 30 Juillet 2007
Lever à 8h, première vue de Marrakech de jour. Une ville couleur rose-orange, entourée de palmiers. Dernière douche chaude et confortable avant le retour, on en profite ! On ré-empaquète nos sacs pour la rando. Direction le restaurant pour le petit déj' : crêpes au miel faites sur place, jus d'orange, viennoiseries, confitures. Le jus d'orange est à tomber, délicieux, parfumé, sucré, pas acide...comme les oranges. J'en reprends !! Dans la salle, il y a une balustrade, dont la vue donne directement sur...le rayon fruits et légumes du supermarché d'à côté ! Et de petits oiseaux, comme des moineaux viennent nous dire bonjour et picorer nos miettes. Nous croisons de nombreuses têtes déjà aperçues la veille, mais à part un gars au petit déj', personne d'autre de notre groupe.
Au niveau de l'accueil de l'hôtel, de nombreux gros sacs de rando sont entassés puis nous nous rendons compte que ce sont les autres groupes qui partent, non sans avoir acheté quelques bouteilles d'eau fraîche à la réception. Nous changeons nos euros en dirhams (1 euro vaut environ 100 Dh) pour acheter aussi ces bouteilles d'eau vendues à 15 Dh. Mais le réceptionniste aurait préféré avoir de la monnaie en euros plutôt qu'un gros billet de 100 Dh... Et il nous indique alors gentiment le supermarché ! Nous nous y rendons, et non seulement, ils nous ont pris notre billet mais nous avons aussi gagné sur le prix de la bouteille, vendue 2 fois moins chère ! Hé oui...
Plusieurs départs ont déjà eu lieu plus tôt il n'y a toujours personne de notre groupe ! En fait, nous réalisons que l'on s'est levés trop tôt, il y a 2h de décalage en été !!
Les autres membres de notre groupe descendent enfin, autant de filles que de garçons, c'est équilibré, l'air sympa, sans problème. Nous partons à notre tour dans 2 minibus vers Imi Oughlad, lieu de départ de la rando. A ce moment, vers 10h, la chaleur à Marrakech est difficilement supportable. On se demande comment on va pouvoir marcher dans cette fournaise. Dans notre minibus sont déjà stockées des centaines de galettes de pain, ca sent bon.
Tout au long de la route, soit 60 km, chaque lieu habité , qu'ils soit plus ou moins reculé, arbore au moins un drapeau du Maroc, pour l'importante fête civile, la « fête du Trône ». Nous traversons les nombreux champs d'oliviers bordés de cactus (comme les "raquettes" de Madagascar) donnant à leurs extremités les figues de barbarie.
Au point de ravitaillement, nous croisons un petit chaton tout maigre et un vieil homme avec son âne têtu. A Imi Oughlad, la natte est déjà installée, on enlève nos chaussures et on s'installe en cercle. Un tout premier thé à la menthe nous attend, celui de l'hospitalité marocaine comme dit si bien El Houssain. On voit nos muletiers pour la première fois : ils sont occupés à se répartir nos affaires et à préparer le déjeuner. Lutin se fait aborder pour l'achat d'un cheich, et revient après avoir négocié. Puis nous déjeunons pour la première fois tous ensemble d'une salade rafraichissante (avec vinaigrette, le luxe !) : mais, tomates, oignons, poivrons, fromage, sardines et petite sieste.
C'est le "grand départ" pour un « petit col », soit 2 heures et demie de marche sous un soleil de plomb. Nous démarrons en trombe, et la chaleur intense fait que mes doigts enflent, mais le pire reste au niveau du souffle, car j'arrive à chaque point de pause complètement exténuée. Ce n'était qu'un début. Pourtant, avec le recul, ce fut une étape courte, plus facile que les autres.
Le premier bivouac se fait en altitude, près du village d'Arg, sur une plaine montagneuse déserte qui apparaît derrière les rochers. La vue est impressionnante : la grande tente berbère est déjà montée, elle contraste par sa couleur blanche avec la montagne marron-rouge. Les premiers arrivés aident à préparer le repas en épluchant les légumes. Seul point d'eau à proximité : l'eau stagnante d'une petite grotte à laquelle on accède avec difficulté. Juste assez d'eau pour une "toilette de chat". De petites bergères gardent leur chèvres et viennent nous regarder faire notre toilette.
Au repas du soir : après le thé à la menthe, une tajine. Pour la nuit, certains choisissent de dormir à la belle étoile, Lutin et moi montons notre tente.
La préparation du trek
La destination
Un mois avant le début de nos vacances, nous n'avions pas encore choisi notre destination. Ce délai peut paraître encore long pour les adeptes de la "dernière minute", mais cela fait relativement court quand on aime, comme moi, partir loin, en dehors de l'Union Européenne, et que l'on est de nationalité malgache !! En effet, je suis quasiment obligée de faire un visa dans chaque pays où je me rends, ce qui corse légèrement l'affaire, car généralement, cela prend... du temps. A un mois d'un départ, on peut donc être véritablement considérés comme des "têtes brûlées" par l'administration !
Nous avions évoqué la Thaïlande, mais il n'y avait plus de place pour l'itinérance que nous voulions. La Thaïlande reste toutefois au programme pour les années qui viennent ! Nous avions aussi évoqué l'Inde. Là, de façon plus égalitaire -selon moi- toutes les nationalités doivent faire une demande de visa. Mais à un mois du projet, ça faisait vraiment juste pour rassembler nos papiers et obtenir le sésame (délai : 3 semaines ouvrables) et, étant encore au boulot, nous n'avions pas l'occasion de venir 3 jours sur Paris pour faire la demande sur place.
Bref, nous nous sommes dit que le Maroc pouvait être une destination qui, au delà de ses attraits touristiques, nous simplifierait un peu la vie côté visa, car nous avions justement un consulat dans notre ville.
Les papiers
Pourtant, tout n'a pas été aussi simple que nous l'avions imaginé. Au regard de ma nationalité, le consulat n'a tout d'abord pas pu me renseigner sur le temps que cette démarche de visa pouvait prendre, ni sur son coût ; puis on m'a annoncé que ma demande devait être transmise carrément au Ministère des Affaires étrangères au Maroc, ce qui pouvait prendre...un certain temps !!! Imaginez la panique.
Surfant entre le téléphone et internet, en quête de renseignements, je n'obtiens rien de plus. Ce qui venait compliquer la chose, c'est que nous avions réservé nos places pour le trek, et qu'il fallait payer entièrement le voyage sans être certain d'obtenir le visa à temps !! La situation s'est heureusement dénouée pour moi grâce à l'aimable intervention d'un ami marocain, sans qui, il est sûr, nous n'aurions pas pu lever les voiles. Me sentant très privilégiée, je tiens encore à le remercier ici, s'il vient à lire ces quelques lignes...
Pour renseignement : pour 16 jours de tourisme, le visa m'a donc coûté 220 Dh (Dirhams), moins d'une vingtaine d'euros.
L'Union nationale des Centres sportifs de Plein Air
Partir seuls au Maroc, cela se fait sans problème, on peut bien se débrouiller avec un guide papier type "Routard" ou autre. Le billet d'avion seul est à un prix attractif, et nous avons vraiment pensé à nous poser autour de Marrakech, puis à nous renseigner pour faire des randos de quelques jours en partant de là. Le hic, c'est qu'il faut être sûr de la compétence de son guide, trouver une équipe de muletiers, bien connaître la montagne, bien préparer l'itinéraire, trouver des cartes récentes...Un tas de choses que l'on n'avait plus le temps de faire. Pour nous, c'était plus pratique cette année de prendre une itinérance déjà bien établie, encadrée.
Nous avons donc choisi de partir en trek avec un organisme de voyage, enfin, je devrais plutôt dire une association sans but lucratif, l'UCPA. Pourquoi ? Un peu par hasard, en comparant les prix sur internet - car je tiens à dire que tous les organismes de trek n'affichent pas directement leurs tarifs, ce qui est un peu enquiquinant. Nous avons donc choisi cet organisme pour sa transparence au niveau des prix, pour son orientation plutôt "jeunes" (en principe, les participants ont moins de 39 ans), dont les échos sur les forums nous paraissaient objectivement positifs (organisation, déroulement) et dont les programmes étaient diversifiés.
Chose importante aussi : nous ne voulions pas nous retrouver dans un "car de touristes", nous recherchions aussi le dépaysement complet et le contact. Le fait que les groupes de trek soient constitués de 15 personnes maximum nous a paru raisonnable.
La difficulté
Il faut dire que Lutin, féru de grande randonnée, a été très emballé dès le départ par le trek de 15 jours autour du Toubkal. En fait, le trek était classé de difficulté "trois étoiles" (sur quatre), donc pour des gens "en forme" va-t-on dire (lol). Pensant un peu à moi -moins habituée à marcher que Lutin, ce qui n'est pas peu dire- 6h de marche par jour, réparties en moyenne entre 3h le matin et 3h le soir, cela nous a semblé somme toute, assez équilibré...mais... nous n'avions pas trop évoqué le plus important dans l'affaire : le DENIVELE !!!! Hé ouuuuiiiiiiiii. La montagne ? Ben oui, évidemment, ça monte et ça descend... C'est comme la pluie qui mouille, il faut vraiment être dans la situation pour REALISER. Ha, ha.
Je conseillerais donc (et l'UCPA l'indique aussi très bien) aux intéressés de partir vraiment en bonne forme pour profiter. Je l'ai personnellement ressenti surtout au niveau du SOUFFLE et quand même moins au niveau musculaire. Après, les petits tracas intestinaux (LOL) peuvent influencer la "bonne forme", mais ça, c'est pour la suite de l'histoire, et surtout, on n'y peut rien...
Le matériel
Eh bien contrairement à Lutin, je ne possédais que mes chaussures de randonnée en termes de matériel. Il a donc fallu m'équiper. D'excellentes chaussures de montagne sont aussi à recommander (ça, c'est aussi un peu pour la suite de l'histoire, n'est-ce pas JB !).
Nous avions chacun un sac à dos à prendre pour nos affaires de la journée et un gros sac pour l'ensemble du séjour, porté par les mules.
le sac à dos "journée" : nous avons pris les Forclaz 40 Quechua (la marque qui fait que l'on reconnait les français à l'étranger, selon El Houssain), pratiques car 2 poches à gourdes, une pochette sur le dessus, une fermeture éclair permettant de récupérer les affaires du fond, des bretelles et une ceinture confortables et réglables. Mais finalement 40L, nous avons trouvé que c'est un peu beaucoup
- affaires de toilette : lingettes hyper utiles car la douche, ce n'est pas tous les jours... Eviter le shampooing sec (poudre blanche) sur les cheveux noirs et longs comme les miens, lol !
- une trousse à pharmacie : arnica, antalgique, anti-inflammatoire, élastoplast, médocs contre la diahrrée, type Immodium (dont la nôtre a un peu manqué !)
- chaussettes : investir pour éviter les ampoules, c'est un budget
- un pull en polaire
- habits de rechange : la lessive n'est pas quotidienne, les T-shirts techniques évacuant la transpiration sont à essayer, j'aurais bien voulu en avoir
- 2 gourdes + des pastilles de Micropur ou autre : indispensables car nous prenons l'eau dans les torrents
- un désinfectant pour les mains, avant de manger, c'est plus rassurant...
- du PQ et un briquet (LOL, ça aussi c'est pour la suite !)
- j'avais pris 2 bâtons de marche mais un seul a été utile, j'ai pu prêter l'autre
- chapeau, lunettes de soleil, protection solaire (même pour les peaux noires comme la mienne, j'ai pelé des bras)
- un bon sac de couchage, dont la température de confort se situe autour de zéro (3200m même au mois d'août, ca caille), là aussi il faut investir
- une cape de pluie, que nous n'avions malheureusement pas en plus du coupe-vent (cf. une fois de plus la suite de l'aventure...)
- des sacs poubelle pour protéger les affaires du gros sac porté par les mules
- un bonnet, une écharpe, (des gants ?) utiles pour monter au dessus de 3500m, le vent glace
- j'en oublie des trucs...
Avec ça, c'est parti.
22 août 2007
Notre trek dans le massif du Toubkal, Haut Atlas, MAROC

Voici bientôt et rien que pour vous le récit de ce fameux trek au Maroc, qui avait pour ultime défi l'ascension du Djbel Toubkal, 4167m, ce n'est pas rien, vous en conviendrez. Mais l'histoire ne s'est pas résumée uniquement à ça, beaucoup de petites anecdotes sont venues enrichir cette grande randonnée... !! Bref, rien à envier aux émissions de voyage télévisées car nous rentrons plein d'images grandioses et en ayant l'impression d'avoir vécu une véritable aventure...

















