20 juillet 2006
Le système universitaire costaricien
Vous imaginez bien que je ne suis pas
partie de nombreux mois au Costa Rica pour des vacances (quoique, sous
certains aspects...). J'ai en effet travaillé sur un projet de
recherche, et j'étais considérée comme une étudiante de la "U"
(prononcez "ou", à l'espagnole, svp !).
La
"U" ? Mais si, la UCR : prononcez "oussé-érré" en roulant les r à
l'espagnole et non à l'américaine, lol (cf.les posts précédents). C'est
la fameuse Universidad de Costa Rica... la plus réputée des universités
du Costa Rica, située à San Pedro.
Il y a en effet de nombreuses
universités au Costa Rica, à la fois des publiques et des privées. Pour
accéder à la UCR, il faut passer un examen à la fin du lycée. En
fonction de la note obtenue, les portes de tel ou tel département vous
sont ouvertes (ex : médecine, pharma, physique, chimie, langues,
technologie alimentaire...). Avec une sorte de numerus clausus pour
chaque département.
Ceux qui ne parviennent pas à avoir la note
suffisante pour faire les études de leur choix se rabattent souvent une
autre filière pour rester au sein de la U ou bien ils se
dirigent...vers les universités privées, qui sont moins exigeantes.
Une
université privée, oui, mais à quel prix !!! Elles font en effet payer
un prix exorbitant à leurs étudiants. Et pour un rapport qualité prix
jugé plutôt médiocre : combien de fois ai-je entendu dire des gens
qu'ils ne se rendraient jamais chez un médecin qui ne s'était pas formé
à la UCR !!!
On pourrait croire que ce sont les gens les plus
aisés qui auraient le plus de choix et qui pourraient se permettre
d'aller dans ces établissements privés. En réalité, c'est tout le
contraire. Ceux qui réussissent le mieux l'examen de la U sont ceux qui
ont eu de bonnes bases au lycée, collège et primaire, autrement dit,
ceux qui avaient assez d'argent pour étudier dans le privé avant
l'université. Les nantis.
Les gens qui ont suivi un cursus dans le
public, c'est-à-dire les moins aisés, se retrouvent à devoir payer des
sommes colossales pour entrer dans un établissement moyen.
Voilà le système...
Mis
à part ça, l'environnement de la U ressemble plus à un grand jardin
tropical qu'à une université à la française. Les bâtiments sont
disséminés un peu partout. On y croise une végétation luxuriante :
fougères arborescentes, bananiers, énormes palmiers dont les grandes
branches tombaient régulièrement sur le chemin, fleurs... et des
oiseaux magnifiques qui avaient leurs plumes de couleur arc-en-ciel !!!
si, si ! Et d'autres qui étaient rouge vif et bleu vif sur tout le
corps... Et de nombreux petits colibris... un cours d'eau, des poissons
rouges, aaaaargh. Je me souviens aussi qu'en passant devant le bâtiment
de bio, j'entrapercevais tous les matins la même araignée sous verre,
marron, poilue, de la taille d'une main !!! Bref, en pointant son nez là
bas, on n'a pas l'impression d'aller bosser.
Au niveau des repas, souvent les étudiants emmenaient un tupperware qu'ils mangeaient dans les cafétérias de leur département. Moi, tous les jours j'achetais mon "casado", qui est le nom du déjeuner typique (qui se traduit littéralement par "homme marié", soit le repas d'un homme marié, donc un bon repas consistant, LOL). Je vous en parlerai plus en détail dans un prochain post.
10 juillet 2006
Premières impressions du Costa Rica
Après l'atterrissage de l'avion et le passage devant les douaniers, un des membres de la famille qui m'accueillait est venu me chercher. Il faut dire que je m'imaginais que le Costa Rica était un pays en voie de développement, genre mieux que Madagascar mais sans le confort de l'Europe...Je n'avais pas encore pris de renseignements ni acheté le Lonely Planet (qui m'informera que le Costa Rica est en fait le pays le plus prospère d'Amérique Centrale, rien que ça !!)...
Eh bien, Andres, le fils qui était venu me chercher donc, avait une voiture sacrément spacieuse et confortable (une marque asiatique je crois !) Bon... Durant le trajet qui m'emmenait vers mon futur "home" pour 10 mois, j'ai eu le temps de remarquer les nombreux fast-foods implantés tout au long des rues et un fameux glacier également (ceux qui font les glaces aux cookies, macadamia, caramel et noix de pécan...aaaargh).
Comme un réflexe, je me suis dit que je n'allais pas être si dépaysée que ça... Avec une pointe de "rassurage" (lol)....euh, non, de soulagement, et une pointe de déception aussi de n'avoir pas été projetée directement dans la jungle au milieu des paresseux et des toucans.
Mon "home" , ma jungle quotidienne (blattes et araignées), je l'ai découverte sous la forme d'une maison de plain-pied, entourée de grillages et de barreaux aux fenêtres, comme toutes les maisons de la même rue, dans un quartier qui me semblait être plutôt bourgeois de premier abord.
Mais j'ai réalisé ensuite que la majorité des costariciens vivait dans une maison individuelle, il n'y avait quasiment pas d'immeubles d'habitation. Les plus pauvres avaient un un toit de tôle dans les bidonvilles et les plus riches ont de magnifiques villas dans des quartiers ultra surveillés par des polices privées (les fusils bien en vue) et entourés de murs aux sommets barbelés... Malheureusement, la peur d'être volés, cambriolés et la peur de la violence (que je n'ai personnellement pas vue moi-même pendant mon long séjour) amènent les gens à s'enfermer dans des cercles d'entre-soi depuis les "classes moyennes" jusqu'aux millionnaires.
Mini parenthèse sur l'influence des médias : les agressions mineures, la petite délinquance, quand ils apparaissent chaque jour en une des journaux nationaux ont vraiment une influence très forte sur la mentalité des gens, qui se sentent finalement menacés au moindre coin de rue... La politique de la peur pour mieux manipuler et soumettre les esprits...
J'ai donc pris pension et loué une petite chambre chez la famille Fonseca (Juan et Margara) à Tres Rios, dans la province de Cartago à environ 45 min en bus de San José. Ils qui avaient déjà accueilli un stagiaire de mon école l'année précédente, ce qui a facilité la prise de contact. Juan était ouvrier puis est devenu responsable dans les chantiers civils, et sa femme Margara était femme de ménage dans une école.
La maison, c'est Juan qui l'a construite de ses mains, chose courante là-bas (pas besoin de permis de construire ni toutes les formalités d'ici !!!). La grille coulissante de la maison s'ouvrait sur une place de garage dallée (qui malheureusement donnait directement vers le salon, merci pour les gaz d'échappement puants quotidiens). En ouvrant la porte de la maison, on découvrait l'entrée, trois chambres, deux salles de bain (j'avais pris ça pour un luxe, mais apparemment, c'était plutôt normal...), puis le salon/salle à manger, la cuisine qui donnaient sur une cour intérieure où il y avait un très vieux billard et trois plantes dans le béton. Dans cette cour, il y avait un point d'eau avec un grand lavabo de pierre où Margara faisait le nettoyage et la petite lessive. Un peu plus loin, il y avait encore deux chambres, une troisième salle de bains tout au fond et une pièce à outils pour le bricolage. Tout ça !!!! Hé oui, tout ça. Pourtant, ils ne roulaient pas sur l'or et vivaient simplement.
Je me suis dit que s'ils devaient un jour arriver dans mon immeuble de France, ils allaient être sacrément désabusés, s'ils s'imaginaient qu'on avait une vie confortable en Europe... Et vouloir retourner illico chez eux ! Eh oui, les niveaux de vie sont tout relatifs pour chaque endroit de la planète...
07 juillet 2006
Le "r" du Costa Rica
Le Costa Rica est un pays qui est
beaucoup influencé par les Etats-Unis (en gros, c'est un peu leur
eldorado, et il dépend beaucoup des USA économiquement parlant). Les
programmes de télévision
sont majoritairement ceux du satellite, ils sont retransmis en VO
sous-titrée. Ca m'a permis d'améliorer grandement ma
compréhension orale de l'"américain". Pour équilibrer, heureusement que
d'autres programmes étaient aussi en espagnol, ça a
eu les mêmes effets bénéfiques pour l'apprentissage de la langue...
D'ailleurs
si certains programmes étaient retransmis en VOST en France, je crois
qu'on améliorerait nettement les accents et l'apprentissage des
langues...juste une idée comme ça, sans tomber dans l'excès inverse.
Du coup, les costariciens qui
parlent anglais ont le pur "r" roulé à l'américaine en plus de l'accent
latino, ce qui est un peu difficile à comprendre au début quand on a eu
un apprentissage de l'anglais "british".
Mais
le truc le plus curieux,
honnêtement, c'est leur prononciation même du nom du pays "Costa Rica".
Dans tous les mots espagnols, le "r" est roulé à l'espagnole
sauf...dans "Costa Rica" qui a pris dans la bouche de la plupart des
gens que j'ai côtoyés le "r" américain !!!!! Franchement... Un Vénézuélien de passage au Costa Rica a d'ailleurs fait la même remarque. Je cite "
Descubrí por qué mi alumno costarricense (y su mamá) pronunciaban la "r" como si fueran gringos intentando hablar español."
Je ne sais pas si c'est récent ou non (à cause du fort développement du tourisme par exemple ?) ou si c'est la véritable prononciation... En dix mois passés là bas, j'ai bien posé la question mais les gens n'ont pas vraiment réagi... Etrange étrange. Pour moi, c'est bel et bien l'influence américaine insidieuse.
27 juin 2006
Souvenirs d'Amérique Centrale
La période la plus longue que j'ai passée à l'étranger fut de 10 mois, au Costa Rica, à l'occasion de mes études...Un pays où peu de français se sont encore rendus, et à fortiori peu de malgaches... Comme l'a si bien souligné un douanier à l'aéroport de San José, je devais être dans les 5 premiers malgaches à fouler le sol costaricien !!!
Des souvenirs et découvertes que je vais tenter de relater.
Je tiens à souligner qu'avant de partir, je ne parlais quasiment pas espagnol, puisqu'au collège, j'avais fait le choix de l'allemand en LV2. Et je dis "quasiment" parce que j'ai suivi quelques heures d'espagnol éparses, quelquepart entre une option sur les oléagineux et les projets de groupe huilerie ou équipement d'usine...Pas de quoi tenir une conversation banale !
Ce fut d'abord un voyage long car il y a eu 2 escales depuis Paris : Madrid et Miami, ce qui fait, vous l'aurez calculé, 3 avions différents avant d'atterir à San José, la capitale costaricienne. A Madrid, premiers contacts avec la langue espagnole...la panique ! Je me fiais aux voyageurs qui avaient l'air de faire le même trajet que moi pour me guider à travers l'immense aéroport...Et j'ai apprécié entendre un peu d'anglais et de voir les panneaux traduits en langue de Shakespeare...
Avion plein pour aller aux Etats-Unis, transit à Miami...Impressionnant, l'atterrissage en pleine nuit, car il y avait des millions de lumières sur les pistes, un sapin de Noël géant...J'ai un peu eu peur, car je me suis demandée si le pilote allait reconnaître sa piste au milieu de tout ça ! Je me suis sentie comme une campagnarde jamais venue voir les lumières de la ville !! Je m'en suis remise.
La suite un peu moins brillante, car étant malgache, j'ai dû passer plus de temps que les autres transitaires à montrer mes papiers (soupir...) Pour finalement rejoindre ceux qui étaient en "salle de transit"... Une salle totalement close, aucune fenêtre, des postes de TV, le monde entassé pendant 2 h... vive les USA !!!
La peur du terrorisme...c'était le pleine période (quoique aujourd'hui, ça n'a pas cessé) et c'est justement au cours de ces 10 mois que leur est venue la magnifique idée de ces passeports biométriques... Ignorant ces changements intervenus durant mon séjour, 3 ou 4 jours avant à la date de mon retour en France, j'ai appris qu'il fallait un VISA pour TRANSITER aux USA si l'on ne possédait pas ce fameux passeport !! Que ce visa, il fallait le demander au moins 1 mois à l'avance et qu'il coûtait 100 dollars, sans être certain de l'obtenir !!!!!!
Une collègue sénégalaise se l'est vu refuser quelques temps avant...
Je peux dire que j'ai sué : coups de téléphone à l'ambassade, aux compagnies de vol...Personne ne veut rien entendre. Finalement, avec le dévouement et l'acharnement de mes encadrants, j'ai pu changer mon itinéraire de vol in extremis via le Venezuela ! Ouf.
Bouquet final : j'ai dû transvaser le contenu d'un sac entier dans 2 valises bourrées à bloc juste avant l'embarquement car la compagnie n'acceptait que 2 valises (bien que le poids total autorisé n'ait pas été dépassé)... Mais bon ,tout ça concerne mon retour. Je m'étendrai donc plus tard sur ce qui m'est arrivé au Venezuela.
Pour en revenir au voyage vers le Costa Rica, l'avion qui m'a emmenée vers San José ne contanait que 3 voyageurs dont moi... LOL, je me serais crue crue dans un avion étrange, survolant le triangle des Bermudes... Mais finalement arrivée à bon port, avec cette remarque du douanier, qui, pour la première fois de sa vie, voyait quelqu'un originaire de l'Ile Rouge.
Bon, la suite au prochain épisode.















