05 septembre 2007
Carnet de voyage : J6
Jour 6 - 04 Août 2007

Dès le matin, on attaque la montée du col situé juste derrière le bivouac, derrière lequel on découvre au loin « le village du bout du monde » : Amenzal. Ce dernier est vraiment loin de tout, car pour se procurer un pain de sucre par exemple, les villageois doivent remonter jusqu'à Setti Fatma ! Nous traversons Amenzal, où des villageois sont en train de dresser quatre mules en même temps sur un petit terrain et nous poursuivons le long de la rivière et des canaux d'irrigation.

Lors d'une pause, assis entre d'immenses rochers, notre guide taquine des fillettes berbères qui étaient venues nous demander des stylos. Il leur fait écrire leur nom. Près du lieu de déjeuner, il y a de nombreuses vasques cachées derrière les gros rochers. A peine venais-je d'arriver que les autres m'ont indiqué une fumée provenant d'un endroit où je fis un "petit arrêt "... consciencieuse jusqu'au bout, je n'avais malheureusement pas pris la précaution de jeter une pierre sur le PQ que je venais de brûler...et le buisson d'à côté à pris feu !!! Heureusement, le feu ne s'est pas étendu au-delà ! Ouf sueurs froides ;D))°°°°

Le départ se fait rapidement après la sieste car nous devons faire l'ascension du Tizi N'Oumchichki, un col fait uniquement de rocaille, sans charme. Une longue descente nous attend alors . Pas pressées après cet effort, nous prenons notre temps, et avec toutes celles qui se trouvaient en bout de file, nous avons la chance d'être conviées avec El Houssain à prendre le thé chez un habitant de la montagne.

Dans la maison, constituée d'une pièce unique de 5 mètres carrés tout au plus, il y avait un vieillard ainsi que la femme et l'enfant de l'habitant, qui s'était blessé à la jambe en marchant. Nous nous sommes assises sur le tapis, sur une bouteille de gaz...comme nous avons pu et nous sommes donc retrouvés à neuf en tout dans cet espace restreint. Quoi que l'on puisse penser, cela n'a absolument pas posé de problème à notre hôte, son sens de l'hospitalité étant plus développé que les contraintes matérielles. Ce qui m'a permis de constater que ce sont parfois ceux qui possèdent le moins qui donnent le plus.
04 septembre 2007
Carnet de voyage : J5
Jour 5- 03 Août 2007
C'est la journée « les pieds dans l'eau », car nous traversons la rivière de part en part, en remontant les gorges de l'Assif N'Oufra. C'est un paysage rafraîchissant, fait d'herbes hautes, d'eau et de cailloux parfois assemblés en digue. La principale difficulté de cette étape a été de ne pas glisser sur les cailloux recouverts d'algues dans l'eau : dans cette situation, se servir d'un bâton est plus handicapant qu'autre chose...


Au détour d'un canyon, nous croisons des singes venus manger les premières noix tombées des arbres. Ils sont nombreux, et difficiles à distinguer car ils ont la même couleur que les roches : on les remarque seulement lorsqu'ils bougent. On arrive à apercevoir des petits, mais nous ne nous attardons pas. Juste le temps de prendre quelques clichés. En effet, il paraît qu'ils peuvent devenir agressifs en lançant des pierres pour protéger leurs petits. Les muletiers ont emprunté un autre chemin que nous avec les mules.

Vers midi, nous nous arrêtons dans un très joli cadre, à côté de vasques naturelles et de petites cascades pour pique-niquer. A peine le temps de poser les orteils dans l'eau et l'on déjeune. Menu simple : du pain, des vache-qui-rit, des tomates, des sardines... Mais c'est à ce moment que l'orage menace et nous devons repartir rapidement.


El Houssain nous explique que les fortes pluies d'orage sont très dangereuses lorsque l'on se trouve dans les gorges d'une rivière, car le niveau d'eau montre très rapidement et l'on est si facilement emporté par le courant... Il paraît que de nombreuses personnes se sont noyées de cette façon. Nous finissons donc cette étape un peu paniqués, tentant de marcher à une cadence rapide, en prenant la pluie (mais bon, nous avions déjà les pieds trempés / avec la pluie et la terre, les chaussures sont donc devenues boueuses à l'intérieur, quel plaisir !), sous les impers, pressés d'arriver au point, situé en hauteur, qui nous mettra à l'abri du danger.
Quelques-uns ramassent du bois avec l'idée de faire un feu de camp durant la soirée. Nous arrivons alors sur le lieu de bivouac, pile poil au bord de deux falaises : gare à ceux qui feront des sorties pipi dans la nuit ! Nous montons rapidement nos tentes, puis certains vont se baigner dans les eaux en contrebas de la falaise... et font alors connaissance avec les sangsues !

Après la pluie, les muletiers ont l'idée de nous préparer le meilleur des réconforts : un café berbère (soit : du lait,de la canelle, du gingembre, du poivre, du café...mmmhhh) et de délicieux beignets triangulaires croustillants faits à partir de pâte à pain. Excellent...qu'est ce qu'on est gâtés ! On aperçoit un arc-en-ciel.

L'endroit était idéal pour s'amuser à faire des échos. Ca n'a pas loupé, on a crié comme des malades ! La nuit tombée, on allume le feu de bois, et pour les muletiers se mettent à chanter et danser.

02 septembre 2007
Carnet de voyage : J4
Jour 4 - 02 Août 2007
Descente de l'Ourika en passant par de petits villages : Anfli, Tiourdiou, Tadrart, jusqu'à Agadir n'Aït Boulmane.


L'étape s'effectue suivant la piste, sous une forte chaleur. Nous arrivons au bivouac situé en contrebas, dans un parking, sous les arbres.

Il y a un petit torrent d'eau tout proche pour se rafraîchir les pieds.

L'après-midi, au programme : baignade dans des vasques remplies de l'eau de la rivière et lessive pour tous, sauf pour ceux qui ont choisi de visiter Setti Fatma.
01 septembre 2007
Carnet de voyage : J3
Jour 3 - 01 Août 2007
C'est l'ascension de notre tout premier col, le Tizi N'Tacheddirt, culminant à 3264m. C'est notre premier "3000m". Curieusement, de loin, le col paraît "plat", je dis bien de loin !!!

De bonne heure, nous entreprenons la montée. La difficulté se fait vite sentir de mon côté, les autres étant pour la plupart bien loin devant ! El Houssain propose même qu'un muletier porte mon sac jusqu'en haut, mais je refuse, car j'avais plus de mal à respirer qu'une gêne de par le poids du sac. En plus, les poignées du sac me servaient d'appui. N'en pouvant quand même plus, sur la fin de la montée, j'ai sorti pour la première fois l'un des deux bâtons de rando que je transportais. Il fut très utile, et d'ailleurs, il ne m'a plus quittée de tout le trek.

Angélique, épuisée aussi, et moi terminons l'ascension ensemble, peut-être dernières, mais fières d'arriver en haut.

Un petit réconfort inattendu arrive alors... Non, ce n'est pas le vent froid qui glace et oblige à mettre la polaire, mais une bouteille de Coca, apportée par un berger, qui a monté le col pour attendre les randonneurs comme nous !!! N'importe où dans le trek, on pouvait se croire perdus et au beau milieu de nulle part, il y avait parfois une personne qui était montée bien au devant de nous et qui attendait pour nous fournir cette bouteille providentielle...

Puis descente sur la vallée de l'Ourika, petit sentier agréable, jalonné de genévriers et de roches rougeâtres en orgue.

Un point de vue nous montre le lieu de notre bivouac, dans la vallée, près de la rivière asséchée dont le lit est fait de grosses pierres. La tente berbère est installée dans un des jardins des villageois de Timichi (1900m) : idéal sous les noyers et l'herbe venait juste d'être coupée.

Nous faisons notre toilette un peu plus bas dans la rivière. Le soir, les muletiers chantent accompagnés de leurs instruments de fortune : bidons, casseroles, assiettes et théière ! Nous participons et dansons avec eux. Des jeunes filles berbères des villages aux alentours, attirées par la musique et les chants, sont venues regarder et écouter.


















