24 août 2007
Carnet de voyage : J0 et J1
Jour 0 - 29 juillet 2007
Dans l'aéroport d'Orly, nous avons rendez-vous dans un espace au sous-sol pour retirer nos billets d'avion. Il n'y a presque personne quand nous arrivons. Nous nous installons puis nous voyons arriver quelques personnes. Des jeunes, donc apparemment pour l'UCPA, puisque c'est le seul guichet installé.
Nous nous disons qu'elles sont là pour le même trek et les dévisageons un peu. Il y a beaucoup de filles, et je me dis que je ne serai pas la seule du groupe, ça rassure... Mais de plus en plus de monde arrive et cela dépasse les 15 personnes, ça atteint même plutôt les 35-40 ! Surpris, nous imaginons avec raison que nous ne partirons pas tous pour le Toubkal.
Voilà, le guichet ouvre, "Est-ce qu'il y a quelqu'un pour l'UCPA ?" lance le monsieur. Ben oui, évidemment, tout le monde se précipite ! Il nous donne nos billets : le voyage se fera en charter Royal Air Maroc. Il nous fait aussi remplir une fiche pour savoir qui contacter en cas de problème "pas pour un simple rhume" dit-il avec humour (ha ha, je m'imagine avec une bonne entorse...), et voir si on a pris une assurance. Lutin se renseigne pour savoir s'il peut prendre sa grosse paire de jumelles (pour observer les oiseaux) en bagage à main. Puis on part s'acheter deux sandwichs et une boisson pour le repas, car nous ne pensons pas manger à bord.
Après 2h45 de vol en B737-800, assis sans le savoir à côté de 4 personnes qui se connaissaient et qui allaient faire le Toubkal avec nous, arrivée à Marrakech. Le commandant annonce une température de 40°C au sol alors qu'il fait nuit (il est 23 h et quelques) : morts de rire, on range la polaire ! L'aéroport est en phase d'extension, il y a des travaux. Après une longue file d'attente dans l'aéroport pour la vérification des passeports, nous longeons les couloirs à la recherche de la pancarte "UCPA". Nous l'apercevons, et apparemment nous sommes les derniers attendus. Premier contact avec notre guide, le sympathique El Houssain, surnommé tout aussi sympathiquement "J'hallucine" pour la consonance, puis transfert en minibus.
On fait le tour des remparts de la ville pour atteindre l'hôtel. Autour de Marrakech, peu de voitures, marocains et marocaines ont l'air de se déplacer beaucoup en moto. Les taxis sont peints en beige. Le sol et les bâtiments sont la plupart de couleur rose-orangée. Par rapport à Madagascar, les routes sont bien faites, éclairées, avec une signalisation, bordées de palmiers. Installation au Ryad Mogador, un hôtel assez "standing", avec de grands salons, une chute d'eau, des colonnes décorées de mosaïques, et des portraits de berbères dessinés dans les chambres. Il est gratifié de 3 étoiles, à proximité de la gare routière. RDV est pris avec le groupe "Inch'Allah" pour le lendemain 10h.
Il est tard, au moins 2h du matin lorsque nous nous couchons. Il fait chaud et heureusement, l'hôtel est climatisé. Durant la nuit, nous entendons les sifflets qui appellent les voyageurs de la gare routière. Et au petit matin, lorsque le soleil se lève, la prière depuis la Koutoubia.
Jour 1 - 30 Juillet 2007
Lever à 8h, première vue de Marrakech de jour. Une ville couleur rose-orange, entourée de palmiers. Dernière douche chaude et confortable avant le retour, on en profite ! On ré-empaquète nos sacs pour la rando. Direction le restaurant pour le petit déj' : crêpes au miel faites sur place, jus d'orange, viennoiseries, confitures. Le jus d'orange est à tomber, délicieux, parfumé, sucré, pas acide...comme les oranges. J'en reprends !! Dans la salle, il y a une balustrade, dont la vue donne directement sur...le rayon fruits et légumes du supermarché d'à côté ! Et de petits oiseaux, comme des moineaux viennent nous dire bonjour et picorer nos miettes. Nous croisons de nombreuses têtes déjà aperçues la veille, mais à part un gars au petit déj', personne d'autre de notre groupe.
Au niveau de l'accueil de l'hôtel, de nombreux gros sacs de rando sont entassés puis nous nous rendons compte que ce sont les autres groupes qui partent, non sans avoir acheté quelques bouteilles d'eau fraîche à la réception. Nous changeons nos euros en dirhams (1 euro vaut environ 100 Dh) pour acheter aussi ces bouteilles d'eau vendues à 15 Dh. Mais le réceptionniste aurait préféré avoir de la monnaie en euros plutôt qu'un gros billet de 100 Dh... Et il nous indique alors gentiment le supermarché ! Nous nous y rendons, et non seulement, ils nous ont pris notre billet mais nous avons aussi gagné sur le prix de la bouteille, vendue 2 fois moins chère ! Hé oui...
Plusieurs départs ont déjà eu lieu plus tôt il n'y a toujours personne de notre groupe ! En fait, nous réalisons que l'on s'est levés trop tôt, il y a 2h de décalage en été !!
Les autres membres de notre groupe descendent enfin, autant de filles que de garçons, c'est équilibré, l'air sympa, sans problème. Nous partons à notre tour dans 2 minibus vers Imi Oughlad, lieu de départ de la rando. A ce moment, vers 10h, la chaleur à Marrakech est difficilement supportable. On se demande comment on va pouvoir marcher dans cette fournaise. Dans notre minibus sont déjà stockées des centaines de galettes de pain, ca sent bon.
Tout au long de la route, soit 60 km, chaque lieu habité , qu'ils soit plus ou moins reculé, arbore au moins un drapeau du Maroc, pour l'importante fête civile, la « fête du Trône ». Nous traversons les nombreux champs d'oliviers bordés de cactus (comme les "raquettes" de Madagascar) donnant à leurs extremités les figues de barbarie.
Au point de ravitaillement, nous croisons un petit chaton tout maigre et un vieil homme avec son âne têtu. A Imi Oughlad, la natte est déjà installée, on enlève nos chaussures et on s'installe en cercle. Un tout premier thé à la menthe nous attend, celui de l'hospitalité marocaine comme dit si bien El Houssain. On voit nos muletiers pour la première fois : ils sont occupés à se répartir nos affaires et à préparer le déjeuner. Lutin se fait aborder pour l'achat d'un cheich, et revient après avoir négocié. Puis nous déjeunons pour la première fois tous ensemble d'une salade rafraichissante (avec vinaigrette, le luxe !) : mais, tomates, oignons, poivrons, fromage, sardines et petite sieste.
C'est le "grand départ" pour un « petit col », soit 2 heures et demie de marche sous un soleil de plomb. Nous démarrons en trombe, et la chaleur intense fait que mes doigts enflent, mais le pire reste au niveau du souffle, car j'arrive à chaque point de pause complètement exténuée. Ce n'était qu'un début. Pourtant, avec le recul, ce fut une étape courte, plus facile que les autres.
Le premier bivouac se fait en altitude, près du village d'Arg, sur une plaine montagneuse déserte qui apparaît derrière les rochers. La vue est impressionnante : la grande tente berbère est déjà montée, elle contraste par sa couleur blanche avec la montagne marron-rouge. Les premiers arrivés aident à préparer le repas en épluchant les légumes. Seul point d'eau à proximité : l'eau stagnante d'une petite grotte à laquelle on accède avec difficulté. Juste assez d'eau pour une "toilette de chat". De petites bergères gardent leur chèvres et viennent nous regarder faire notre toilette.
Au repas du soir : après le thé à la menthe, une tajine. Pour la nuit, certains choisissent de dormir à la belle étoile, Lutin et moi montons notre tente.
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